Des récits de Champlain publiés de son vivant au début du 17ème, il ne restait deux siècles et demi plus tard que quelques exemplaires dans de grandes bibliothèques.
C'est alors que l'abbé Charles Laverdière entreprit une première réédition contemporaine de ces écrits, les faisant éditer à Québec en 1870.
Il y eut par la suite d'autres rééditions des oeuvres de Champlain, mais le remarquable travail de Laverdière, assorti de notes et de commentaires, nonobstant quelques petites erreurs, reste pour tous les chercheurs une référence incontournable.
L'intégralité des récits de Champlain, tels qu'ils figurent dans cette édition vous est rappelée ci-dessous.
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Cet ouvrage qui n'a jamais été publié par Champlain lui fut attribué tardivement vers la moitié du 19ème siècle par l'abbé Laverdière dans la première réédition complète des oeuvres de Champlain. Il s'agissait alors de la copie d'un manuscrit retrouvé chez un antiquaire de Dieppe dont l'original n'a jamais été retrouvé.
Les avis des historiens sont aujourd'hui très partagés envers ce texte quant à la paternité de son auteur. Ce manuscrit est-il vraiment une oeuvre de champlain ou l'affaire d'un habile marchand de vieux papiers ? La controverse reste entière.
Ainsi, sommes-nous en accord avec le point de vue de l'historien canadien Marcel Trudel s'exprimant ainsi : "...il (Champlain) n'a jamais publié ce Brief Discours : cette oeuvre n'est pas de lui ou, si elle l'est, il ne l'a pas jugée digne de paraître... Jusqu'à ce que l'original soit retrouvé, on n'a pas le droit de verser le Brief Discours au dossier de Champlain."
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Récit du voyage que Champlain effectua en l'an 1603 sur un des navires de la compagnie d'Aymar de Chastes, dans lequel il nous conte son séjour de quelques semaines parmi les Indiens cantonnés près de Tadoussac, sa remontée du Saint-Laurent jusqu'aux abords de Montréal et son exploration de la baie des Chaleurs.
Sans doute, comme l'a souligné l'écrivain Yves Cazaux, (littérairement parlant) l'oeuvre la plus intéressante de Champlain.
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Après un bref rappel des expéditions antérieures vers le canada depuis Jean Cabot, Champlain nous entraîne dans ses explorations de l'Acadie, les fondations de Sainte-Croix et de Port-Royal durant le long séjour de 1604 à 1607. La seconde partie a trait au séjour de 1608-1609, contenant notamment la fondation de Québec et son premier combat contre les Iroquois. Trois autres parties distinguent les voyages de 1610, 1611 et 1613.
Cette édition de 1613, bien structurée et respectueuse de la chronologie, reste incontournable même si ces voyages sont repris dans l'édition suivante de 1632, car cette dernière si elle ajoute, ne reprend pas tous les détails de l'édition de 1613.
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Contenant une adresse au Roi, cette édition, continuation des volumes précédents, relate les voyages de 1615-1616, 1617 et 1618, avec notamment les combats de Champlain contre les Iroquois, son séjour chez les Hurons et ses démêlés avec les marchands.
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A l'adresse du Cardinal de Richelieu, Champlain reprend ici la totalité de ses écrits couvrant toute la période de 1603 à 1632. De nouveaux passages ont vu le jour dans cette édition enrichie de réflexions intéressantes, notamment sur les difficultés d'établir la colonie. Mais certains passages des éditions antérieures n'ont pas été repris. Volonté de l'auteur ou non ? De nombreux indices laissent à penser que le récit de Champlain dans cette édition a été retouché par une main étrangère, vraisemblablement celle des Jésuites.
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Publié en même temps et à la suite de son récit des Voyages de 1632, ce petit traité de navigation, outre de nombreux conseils, comporte des passages très intéressants (pour l'époque) sur le calcul de l'estime nécessaire pour connaître la position du navire en mer.
Un peu négligé dans son oeuvre écrite, cet ouvrage ne manque cependant pas de nous rappeler que Champlain était un véritable homme de la mer.
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Le style de Champlain n'est pas celui d'un écrivain de métier. Ses écrits font plutôt penser à ces livres de bord rédigés par les capitaines de navires. Sans doute Champlain, le navigateur, l'autodidacte, est imprégné de cette rédaction seulement descriptive des événements tels qu'ils surviennent dans leur enchaînement chronologique, mais dépourvue de tout sentiment personnel. Jamais, en dehors de ses faits et gestes, Champlain ne nous parle de lui-même, de sa jeune épouse, de sa famille, de ses sentiments intimes ou de ses émotions profondes. Une lecture hâtive de ses voyages peut nous laisser l'image d'un Champlain distant, personnage froid, orgueilleux voire présomptueux, exactement aux antipodes de l'homme qu'il fut.
Mais derrière cette retenue pointe aussi la sagesse et surtout la diplomatie. Hormis quelques griefs exprimés à l'encontre des marchands, Champlain ne dit pas tout, suffisamment intelligent pour ne froisser personne. Les "Voyages" n'ont pas été écrits pour régler des comptes, ni pour un large public ou comme un exutoire. Ils s'adressent d'abord au roi à qui Champlain voue une fidélité sans faille, ensuite aux ministres, aux grands de la Cour pour les intéresser au sort de la colonie naissante et qu'ils s'y impliquent. Champlain y poursuit son rêve sans se soucier de lui-même. Pour avoir tenu si longtemps les rênes de cette toute jeune Nouvelle-France, nul doute qu'il s'agissait là d'un homme de grande communication. Toujours reconnu comme un ami par les tribus amérindiennes chez qui il a séjourné, il y vivait à leur manière, descendant les rivières en canot, passant les sauts, partageant leur chasse et leur pêche. Cet homme apparemment austère, dont nous ne connaissons pas le visage, était un opiniâtre, un infatigable, doté d'une grande résistance physique et d'une excellente santé pour avoir toujours su résister au scorbut dont mouraient en grand nombre ses compagnons. C'était aussi un être jovial, d'une grande convivialité (le créateur de l'Ordre de Bon Temps en Acadie) aimant le bien manger et le bon vin, sachant apprécier les dons de la Nature et s'émerveiller de toutes ses beautés : bien des traits de caractère qui n'apparaissent pas spontanément à la lecture de ses écrits.
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