LES VOYAGES
DE SAMUEL CHAMPLAIN
EN NOUVELLE-FRANCE


Entre 1603, année de son premier séjour en Nouvelle-France, et 1635, Samuel Champlain aura effectué 12 voyages vers ce pays, correspondant à 23 traversées de l'Atlantique (le dernier voyage étant sans retour : Champlain décède à Québec en 1635). Sachant les conditions de navigation de l'époque et les périls encourus, ces traversées maritimes réunissaient déjà à elles seules toutes les conditions de la grande aventure.
Vous trouverez ci-dessous les dates des différents voyages de Champlain et pour chacun le résumé très succinct de leurs principaux faits marquants.

PREMIER VOYAGE (1603)


- Après un bref séjour chez les amérindiens de Tadoussac (tribu de Montagnais), il explore l'entrée du fleuve Saguenay et remonte le Saint-Laurent jusque vers l'actuelle ville Montréal, près de l'endroit où Jacques Cartier avait hiverné quelque 70 ans plus tôt.
- Dès son retour en France, il fait publier un premier récit de ses Voyages qu'il intitule "Des sauvages".

SECOND VOYAGE (de 1604 à 1607)


- Accompagnant Pierre Dugua de Mons qui a choisi l'Acadie pour y fonder une première colonie, durant un long séjour qui pour lui durera trois ans, il explore plusieurs territoires de cette région et il établit une cartographie de l'ensemble des côtes acadiennes, descendant vers le sud jusqu'au Cap Cod (proche de l'actuelle ville de New-York).
- Après un hiver terrible passé sur l'île Sainte-Croix (35 morts sur 79 hivernants), la colonie a du déménager le printemps suivant vers le site de Port-Royal. Champlain y passera les nouveaux hivers de 1605 et 1606.
- Durant l'hiver 1606, il crée un "Ordre de Bon Temps" qui assure le maintien d'une grande convivialité entre les colons.
- Champlain rentre en France à la fin de 1607.

TROISIEME VOYAGE (DE 1608 à 1609)


- Après l'échec relatif de la colonie acadienne, Pierre Dugua de Mons qui bénéficie d'une prolongation d'un an de son monopole de traite (suspendu par le roi Henri IV en 1607), envoie Champlain sur le Saint-Laurent où celui-ci fonde Québec en 1608.
- Quelques jours seulement après son installation, Champlain est victime d'une machination qui faillit lui coûter la vie et qui aboutit à la pendaison du serrurier Jean Duval, principal accusé.
- Quinze des compagnons de Champlain (deux sur trois) meurent pendant l'hiver, du scorbut et de la dysenterie.
- En 1609, poussé par les tribus du Saint-Laurent, Champlain doit se résoudre à combattre les Iroquois. Sa petite troupe, composée d'Indiens et de deux Français, en sort victorieuse.

QUATRIEME VOYAGE (1610)


- Nouvelle attaque d'un fort du pays Iroquois avec des guerriers Algonkins et Montagnais.
- En France, durant l'hiver, Champlain épouse Hélène Boullé, une jeune protestante âgée de 12 ans seulement. La consommation du mariage étant repoussée à ses 14 ans.

CINQUIEME VOYAGE (1611)


- Le navire de Champlain poussé vers le Nord risque plusieurs fois de se briser dans les glaces
- Champlain entreprend un premier défrichement du site de Montréal, mais sans y installer de poste fixe (un projet qui ne verra le jour qu'après la mort de Champlain).

SIXIEME VOYAGE (1613)


- Champlain se rend chez les Algonkins du lac des Allumettes (Ontario).
- Exploration de la rivière des Outaouais.
- Publication de ses "Voyages" au retour en France.

SEPTIEME VOYAGE (1615-1616)


- Retour au lac des Allumettes et avancée vers le pays des Hurons.
- Blessé au cours d'une nouvelle campagne contre l'Iroquoisie qui se traduit par un échec, Champlain passe l'hiver 1615 dans un village des Hurons.
- En juillet 1616,il fait entreprendre des travaux à l'habitation de Québec.

HUITIEME VOYAGE (1617)


- Voyage éclair dont Champlain nous dit simplement : il ne se passa rien de remarquable.

NEUVIEME VOYAGE (1618)


- Autre bref séjour (un mois) de Champlain qui doit régler en France de nouveaux problèmes avec les marchands.
- En France en 1619, il fait publier un autre tome de ses "Voyages" et présente au Roi et à la Chambre de Commerce deux importants mémoires expliquant son projet d'établissement d'une véritable colonie.

DIXIEME VOYAGE (de 1620 à 1624)


- Champlain est accompagné de sa jeune épouse, Hélène Boullé, dont ce sera l'unique séjour en Nouvelle-France.
- Pendant l'hiver 1621-1622, la colonie qui manque de vivres est aidée par les Indiens.
- Durant l'été 1622, il tente une réconciliation entre Montagnais et Iroquois.
- Il entreprend la construction d'une nouvelle habitation et du fort Saint-Louis.

ONZIEME VOYAGE (de 1626 à 1629)


- Agrandissement du fort Saint-Louis et établissement d'une ferme au Cap Tourmente.
- En 1627, déclaration de guerre des Iroquois : deux Français sont tués au Cap Tourmente.
- En 1628, destruction de la ferme par les Anglais qui bloquent le Saint-Laurent pour empêcher tout ravitaillement de Québec.
- En 1629, Champlain, privé de vivres et de munitions, doit capituler. Il se rend sans conditions et il est rapatrié en Angleterre.
- En 1632, il publie en France le dernier tome de ses "Voyages".

DOUZIEME ET DERNIER VOYAGE (de 1633 à 1635)


- Le territoire ayant été récupéré par le traité de Saint-Germain-en-Laye (29 mars 1632), Champlain, reconduit dans ses fonctions, peut repartir en 1633.
- En 1634, construction d'une habitation fortifiée sur l'îlot Richelieu et d'une autre à Trois-Rivières.
- Champlain meurt à Québec le 25 décembre 1635.

========================

QUELQUES OPINIONS
SUR SAMUEL CHAMPLAIN ET SON OEUVRE


Trente ans d'efforts pour établir le Canada prouvent sa persévérance et la fermeté de son caractère.

François Xavier Garneau (Histoire du Canada).

==============

Une des figures les plus sympathiques et les plus respectées de l'histoire, mélange admirable de grandeur et de simplicité, de force et de bonté, d'audace entreprenante et d'habileté mesurée, de religion à la fois naïve et éclairée./.../Ce colonisateur désintéressé avait compris son rôle, et il le joua jusqu'au bout de sa carrière, en dépit de toutes les contrariétés, de toutes les traverses et tous les revers.

Narcisse-Eutrope Dionne (Samuel Champlain, 1906)

==============

La France au Canada, c'est tout d'abord Champlain. Tout d'abord et toujours. Car un Champlain marque d'un sceau indélébile le Canada français.

Maurice Constantin-Weyer (Prix Goncourt 1928 - Champlain, 1931)

==============

Un explorateur hardi, un écrivain honnête, un apôtre de la religion, le meilleur ami des Indiens, un homme de vision qui sut imposer à la France la fondation de la Nouvelle-France, un homme qui fit de la France l'héritière présomptive d'un continent. C'est peut-être la plus grande figure de toute l'histoire du Canada.

Gustave Lanctôt (Histoire de l'Empire britannique)

==============

Au point de départ de l'histoire continue de Canada, même si nous ne devons pas négliger le rôle de Dugua de Mons, nous trouvons Champlain; il est volontairement et par principe à l'origine de cette histoire et c'est en ce sens que Champlain peut revendiquer le rôle de fondateur du Canada.

Marcel Trudel (Professeur à l'Université d'Ottawa - Champlain, 1968)

==============

Homme d'action, très courageux, mais bon vivant, joyeux drille même, Champlain cache sous ses dehors attirants une volonté farouche, une ténacité exceptionnelle et un sens très aigu de la manoeuvre.

Jean Meyer (Professeur à la Sorbonne
- pour le 450ème anniversaire du premier voyage de Cartier, 1984)

==============

Un historien canadien d'aujourd'hui n'hésite pas à écrire que la renommée à retardement de Jacques Cartier n'est qu'une retombée de la gloire de Champlain./.../Champlain, avec ses compagnons, fut l'âme de la Nouvelle-France et l'inspirateur du rêve pendant trente-deux ans, la moitié de sa vie, et il en mourut.

Yves Cazaux ("Le rêve américain, de Champlain à Cavelier de La Salle", 1988)

==========